Contexte :

Il existe différentes définitions de l’économie circulaire, qui est un concept large, couvrant différentes pratiques et réalités économiques. Nous reprenons ici la définition du Conseil Economique et Social de la RBC : « L’économie circulaire peut se définir comme un système économique d’échange, de production et de consommation qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources, diminuer drastiquement le gaspillage de celles-ci et réduire les impacts environnementaux tout en développant le bien-être des individus (aussi bien en tant que travailleurs, que consommateurs). Elle tente ainsi de répondre aux problèmes de préservation des ressources et de sécurité d’approvisionnement. Dans la mesure du possible, elle se déploie prioritairement à l’échelle locale en bénéficiant de l’expertise des entreprises et des travailleurs. Par ailleurs, dans une économie circulaire, les entreprises locales et les emplois locaux sont considérés mutuellement comme une ressource à protéger et à développer. »

L’économie circulaire met l’accent sur la réutilisation, la réparation, la rénovation et le recyclage des matériaux et produits existants, mais c’est bien plus que cela. Elle implique aussi des changements dans les modes de conception et production pour optimiser non seulement l’usage, mais aussi la fin de vie des produits et permettre justement la réutilisation des composantes et des matériaux. Elle s’inspire des systèmes naturels (biomimétisme) pour concevoir des matériaux et biens dont l’ensemble du cycle de vie est économe en ressources, y compris énergétiques, et pouvant être recyclés à l’infini (ou presque).

Dès lors, les déchets n’existent plus, mais deviennent de nouvelles ressources et les matériaux conservent leur valeur ajoutée aussi longtemps que possible. L’économie circulaire répond également à des changements au niveau des modes de consommation. Les valeurs environnementales, sociales et éthiques sont de plus en plus importantes pour les consommateurs. Ils privilégient aussi de plus en plus l’utilisation d’un produit et d’un service et accordent beaucoupvmoins d’importance à sa possession. Dès lors, de nombreuses entreprises ne proposent plus des produits à la vente, mais plutôt des services liés à l’usage de ceux-ci, ce qui leur permet de générer des flux de revenus supplémentaires et de gagner de nouveaux clients.

Ce modèle économique (« product-service systems » ou « économie de la fonctionnalité ») favorise la longévité, la réutilisabilité et le partage des produits, qui deviennent des moteurs de revenus et de coûts réduits. Il permet également de répondre aux attentes des clients qui souhaitent consommer « local », via le développement d’activités économiques de proximité, dont certaines sont difficilement délocalisables.

De nombreux pays, régions et villes d’Europe et du monde ont adopté des stratégies en matière d’économie circulaire. C’est un moment – et un mouvement – de transition global. A Bruxelles, par exemple,  le Gouvernement a compris l’importance du développement de ce nouveau modèle économique et a lancé en 2016 le Programme Régional en Economie Circulaire, couvrant la période 2016-2020, et disposant d’un budget total de 12.839.500 €. Celui-ci a 3 objectifs généraux, déclinés en 111 mesures :

  • Transformer les objectifs environnementaux en opportunités économiques.
  • Ancrer l’économie à Bruxelles afin de produire localement quand c’est possible, réduire les déplacements, optimiser l’utilisation du territoire et créer de la valeur ajoutée pour les Bruxellois.
  • Contribuer à la création d’emplois locaux.

Avec ce programme, la Région fait figure de pionnière en Europe et est considérée par beaucoup comme un exemple à suivre. Ainsi, Paris s’en est inspiré pour lancer son propre plan en économie circulaire. IZEO  soutient ce programme et souhaite le voir se prolonger au-delà de cette législature.

Mesures : 

Le PREC doit se poursuivre au-delà de l’actuelle législature ; un cadre réglementaire stable, des ambitions claires portant tant sur le court que le long terme, et un système de soutien efficace sont nécessaires pour assurer la sécurité des investissements et encourager les entreprises à se lancer dans la transition vers l’économie circulaire ;

  • Créer un cadre fiscal encourageant pour les entreprises testant de nouveaux modèles économiques et organisationnels ;
  • Identifier et lever les freins et les difficultés pour les entreprises se lançant dans des projets d’économie circulaire, en collaboration directe avec les différentes fédérations et secteurs ;
  • Adapter la législation pour permettre le développement de nouveaux modèles économiques dans le respect des acquis sociaux et environnementaux ;
  • Adapter la législation pour permettre aux entreprises et centres de recherches de tester en conditions réelles de nouveaux produits et process, en collaboration avec l’administration environnementale, pour garantir la sécurité de tous ;
  • Collaborer entre  les différentes Régions pour harmoniser le cadre législatif et fiscal, ainsi que les différentes initiatives, pour avancer de concert et développer des bonnes pratiques communes ;
  • Favoriser le développement de l’économie circulaire par le biais de partenariats publics-privés (PPP)
  • Introduire les concepts liés à l’économie circulaire dans les programmes de formation techniques et économiques (ingénieurs, gestion, économie, écoles techniques, construction, design, architecture, ICT, etc.).

 

Source : Memorandum de BECI

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